Devinette : quelles sont les deux fonctions de l’entreprise qui sont impossibles à évaluer ? qui requièrent des compétences hors cœur de métier de l’entreprise ? qui sont omniprésentes dans toutes les fonctions de l’entreprise, mais gérées centralement ? et qui sont tellement négligées que leur directeur a de grandes difficultés pour s’installer durablement au comité de direction ?
Réponse : les SI et les RH.
Bien que diamétralement opposées sur l’échelle technique-humain, elles restent les deux fonctions difficiles à appréhender et à gérer. Un manager aime à peu près autant mener un entretien d’évaluation que définir ses besoins auprès de la DSI.
Autre point commun : l’instabilité. Les hommes varient en humeur, motivation, efficacité, attentes… en fonction des circonstances et de l’environnement y compris ceux qui n’ont rien à voir avec l’entreprise et échappent totalement au manager. Idem pour l’informatique : ce qui était au top la saison dernière est ringard cette saison et même si ça marche il faut en changer. Technique et marché imposent leur loi et on n’en connaît pas les termes.
L’esprit cartésien de nos dirigeants, soumis à la dictature du prix de l’action se méfie de ces mouvances et préfère oublier ce qu’il ne peut comprendre et mesurer. Forts de l’expérience de leurs frères DRH qui amorcent depuis quelques années une remontée plus assurée, les DSI feraient bien de s’armer pour se faire entendre, comprendre et mouiller les utilisateurs de leurs « produits », quitte à perdre en apparence du pouvoir. Surtout, ils doivent agir pour être visibles et mesurables, avec des tableaux de bord, quitte à être simplificateurs pour être pédagogues. Il leur faut apparaître comme des contributeurs au sacro-saint Price Earning Ratio, sur lequel les décideurs ont les yeux rivés.
Et leur meilleur allié, entre les maîtrises d’ouvrage qui esquivent et les équipes DSI qui ont peur de pertes de pouvoir, c’est bien la DG via la Direction Financière si besoin est. Eux ont vraiment besoin d’y voir clair.
À défaut d’agir vite et fort, les DSI risquent de se retrouver dans une position bien connue des DRH : on s’en préoccupe quand tout va bien et qu’on a le temps. Pendant les périodes difficiles, au mieux on l’oublie, au pire on le sabre.
